Depuis toujours, elle s’applique à combiner deux passions : la montagne et l’art. Originaire de Savoie, elle a grandi skis aux pieds. De retour dans son village après avoir fait ses études d’architecture à Grenoble, elle se spécialise dans la conception et la rénovation des chalets de montagne durant plus de 15 ans.
Aujourd’hui, sa passion pour la peinture a pris le dessus. Adepte du carnet de voyage, c’est avec soif de découverte, qu’elle promène son aquarelle à travers quelques montagnes du monde et de France.
Ses dernières créations se rapportent davantage à la montagne en mouvement, des skieurs, des grimpeurs et des sommets mythiques, où le croquis se mêle à la puissance de l’acrylique.
RENCONTRE AVEC LINDA JAY : EXPLORATRICE DES MONTAGNES IMAGINAIRES
Pourriez-vous nous parler de votre démarche artistique ? Quel médium a votre préférence ?
Mon activité artistique se compose de 2 axes : d’une part je réalise des carnets de voyage, que j’auto-édite parfois, et cela se fait plutôt à l’aquarelle, ou simples dessins au feutre, sur carnet. Et de façon complémentaire, en atelier, je réalise essentiellement de grandes toiles à l’acrylique.

Comment s’est déroulé votre parcours artistique, avez-vous fait une école d’art ?
J’ai fait une école d’architecture. C’est là que j’ai découvert l’aquarelle. J’ai exercé le métier d’architecte durant plus de 15 ans, malheureusement, avec la venue de l’informatique, je dessinais de moins en moins, cela me manquait. Depuis quatre ans environ, j’ai cessé mon activité d’architecte pour me consacrer à l’art.
Quel rapport entretenez-vous à l’art ? Qu’est-ce que votre démarche artistique vous apporte et vient nourrir chaque jour dans votre quotidien ?
Je suis en perpétuelle recherche, c’est ce qui me motive. Une ombre, la forme particulière d’une fleur, une lumière naissante, la géométrie d’une montagne…. L’esthétique de la nature me nourrit tous les jours, je dirais, bien plus que les musées.

Linda JAY – Sur le fil
Finalement, en regardant votre parcours, quel a été le déclencheur de ce basculement / changement de vie, comment s’est-il matérialisé et à quelle période de votre vie ?
Depuis plusieurs années, je ne me sentais plus du tout en adéquation avec mes valeurs dans mon métier d’architecte. Je ne dessinais quasiment plus et passais mon temps à faire de l’administratif. J’ai « sauté le pas » durant la période de Covid. C’était vertigineux et inconfortable, mais tellement plus en harmonie avec mes réflexions. Pour tous ceux qui me demandent encore aujourd’hui si je « ne regrette pas » et bien non, pas une seconde. Je préfère le monde hasardeux d’une vie fantaisiste au confort encombrant de certains consentements.
Le dessin semble avoir une place très importante dans votre vie depuis de nombreuses années. Depuis combien de temps peignez-vous ? Comment votre pratique a-t-elle évolué au cours du temps ?
Au collège, je dessinais beaucoup, au stylo. J’étais très inspirée par le monde du tatouage. Plus tard, la découverte de l’aquarelle m’a permis d’allier le croquis et la couleur, c’est comme ça que je suis arrivée au carnet de voyage. J’ai réalisé mon premier carnet en Mongolie, en 2006.
Depuis quelques années, j’explore l’acrylique sur toile. Je suis toujours en perpétuelle recherche…

Vous aimez être dehors, en immersion dans la nature et sur le terrain. Comment (dans quelles conditions, dans quel environnement) réalisez-vous la plupart de vos tableaux ? En extérieur, en atelier, dans une ambiance / atmosphère particulière ?
Les carnets sont principalement réalisés ou initiés en extérieur, sur « le vif ». Je les retravaille ensuite, car j’aime ajouter des collages, du texte, de la matière.
Les toiles sont réalisées dans mon atelier, au milieu des tubes de peintures vides et du bazar. La musique donne le rythme du geste.

À travers vos œuvres, que tentez-vous de représenter, de retranscrire et de communiquer au public ?
Dans mes carnets, le seul but est la mise en page et la restitution de souvenirs.
Dans mes toiles, de plus en plus, je suis en recherche de lumière, de graphisme, davantage que de précision dans la représentation. Ce qui me touche c’est la puissance des ombres et l’énergie des embrasements, l’incertitude des suggestions. C’est ce que j’essaie de mettre en perspective sur la toile.
Dans votre pratique artistique, vous utilisez principalement un pigment / une tonalité de couleur. Pourriez-vous utiliser une autre couleur à un moment donné dans votre carrière ?
Ça n’était pas une volonté première, mais je me rends compte que ma palette est très largement « bleutée ». Des bleus légers et pétillants, des bleus aquatiques ou cristallins, vibrants, profonds…. Et surtout le gris de Payne, ce gris foncé à tendance bleuté que l’on retrouve dans la quasi-totalité de mes toiles et aquarelles. J’aime les bruns orangés… Mes prochaines expérimentations.

Il y a de la magie et de l’émotion dans vos tableaux. Où puisez-vous votre source d’inspiration ?
C’est la nature et sa puissance qui m’inspire. L’intelligence esthétique des végétaux, l’énergie géométrique des massifs, l’équilibre douteux des pics acérés, les nuances de la neige… La nature ne fait pas de fautes de goût.
Avez-vous déjà pensé à publier un ouvrage d’art ?
À ce jour, j’ai auto-édité deux ouvrages issus de mes voyages. Un sur le chemin de Stevenson, l’autre sur le Kilimandjaro. Un troisième est en cours sur le Portugal.
Mais oui, plus que tout, j’aimerais réaliser un bel ouvrage regroupant certaines de mes toiles, accompagnés de réflexions et d’aphorismes sur la montagne.

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